Les Etats-Unis confondent trop souvent leur intérêt national avec celui de l'Etat hébreu au risque de compromettre leur sécurité. C’est la conclusion d’une récente étude américaine sur le «Lobby israélien», réalisée par les professeurs Stephen Walt,directeur des études à la Kennedy School de l'université Harvard, et John Mearsheimer, professeur de sciences politiques à l'université de Chicago.
Intitulé « Le lobby israélien et la politique étrangère des Etats-Unis» , ce rapport révèle au grand jour les secrets et les mystères du plus puissant et le plus influent des lobbies de l’histoire de l’Amérique : le lobby pro-israélien. «D'autres groupes d'intérêt ont réussi à tirer la politique étrangère américaine dans le sens qu'ils souhaitaient, mais aucun n'a réussi à l'emmener aussi loin de ce que l'intérêt national américain recommanderait, tout en réussissant à convaincre les Américains que les intérêts des Etats-Unis et d'Israël sont à peu près identiques», écrivent les deux chercheurs.
Depuis 1976, Israël a été le plus grand bénéficiaire de l’aide économique directe et de l’assistance militaire annuelles et est au total le plus grand bénéficiaire depuis la Seconde Guerre mondiale.
L’Etat hébreu reçoit environ 3 milliards de dollars par an en aide directe, soit une somme d’environ 500 dollars par an par Israélien.
Israël est le seul bénéficiaire qui n’a pas à expliquer comment l’aide est dépensée, ce qui rend pratiquement impossible d’empêcher l’argent d’être utilisé pour des besoins auxquels les Etats-Unis s’opposent, comme la construction de colonies en Cisjordanie.
En plus de l’aide matérielle, l’administration américaine fournit un fort soutien diplomatique constant. Les deux chercheurs rappellent, en ce sens, que depuis 1982, les Américains ont mis leur veto à 32 résolutions du Conseil de sécurité critiquant Israël. «Ils bloquent les efforts des Etats arabes pour mettre l’arsenal nucléaire israélien sur l’agenda de l’AIEA. Les Etats-Unis viennent à la rescousse en temps de guerre et prennent le parti d’Israël dans les négociations de paix», peut-on lire sur le rapport pour qui cette générosité extraordinaire pourrait être compréhensible si Israël possédait des atouts stratégiques vitaux ou s’il y avait une raison morale irrésistible pour un soutien américain.
L’étude affirme que le soutien américain à Israël ne fut pas bon marché, cependant, il a compliqué les relations de l’Amérique avec le monde arabe. Pire encore, les responsables israéliens ignorent fréquemment les demandes américaines et renoncent à leurs promesses y compris les engagements à cesser la construction des colonies. Alors comment expliquer donc ce soutien inconditionnel ?
L’étude nous résume la réponse en deux mots: le «Lobby Israélien». Il s’agit de plusieurs organisations, comme le Comité aux affaires publiques américano-israéliennes (AIPAC) ou encore la Conférence des principales Organisations juives. Ces organisations sont dirigées par des intransigeants qui soutiennent généralement la politique expansionniste du parti Likoud.
Le lobby poursuit deux larges stratégies. Premièrement, il utilise son influence significative à Washington, en faisant pression sur le Congrès américain et le bureau exécutif. Quelle que soit l’opinion d’un législateur ou d’un politicien, le lobby tente de faire le soutien à Israël soit le «bon» choix. En second lieu, il tâche de s’assurer que le discours public dépeigne Israël sous un jour positif, en défendant son point de vue dans les débats politiques.
Enfin, les principales organisations du lobby travaillent à s’assurer que les critiques d’Israël n’obtiennent pas de postes importants en politique étrangère.
"Les Enfants du nouveau monde" de l'écrivain et réalisatrice algérienne Assia Djebar est désormais disponible en anglais chez les libraires américains. Ce livre est son 16ème titre publié aux Etats-Unis. Depuis 2001, elle enseigne au département d'Etudes françaises et francophones de l'Université de New York, et dans d'autres établissements d'enseignement américains.Journée de la Terre... terre volée, terre agressée, terre occupée.
Que reste-t-il de cette superbe terre ancienne, la terre de Palestine ?
Commençons par la côte de Gaza et son arrière pays, terre de fleurs, d’agrumes et de pêche, ouverte sur la mer, autrefois douce à vivre.
Depuis 1948 et la création par la communauté internationale, sur résolution des Nations-unies, de l’état d’Israël, Gaza sous tutelle égyptienne a vu s’agglutiner à sa population locale grandissante les milliers de réfugiés chassés par la lutte sans merci du nouvel état juif contre la population civile de la Palestine.
Depuis la guerre de 1967 dont la victoire israélienne a jeté des milliers d’autres Palestiniens sur les routes de l’exil et vers les camps de réfugiés, Gaza est devenue le foyer de près d’un million et demi de Palestiniens. Années marquées aussi par la main mise envahissante des colons juifs sur 45% de la terre palestinienne de Gaza. 8000 au plus mais protégés par des centaines de soldats surarmés, réduisant à la portion congrue les centaines de milliers de Palestiniens qui s’entassent dans le territoire démuni que les occupants leur ont laissé.
Première puis deuxième Intifada, révoltes d’un peuple opprimé et méprisé, qui n’en peut plus de la colonisation et de la discrimination, Gaza se lève, pacifiquement. La répression militaire israélienne, réponse aux revendications légitimes des habitants de Gaza est depuis 2000 un modèle calculé de terrorisme d’état. Les chars, hélicoptères et avions de combat attaquent les quartiers surpeuplés des villes et des camps de Gaza pour atteindre les résistants qui avec des armes dérisoires, voire des pierres, tentent de protéger leur peuple.
Gaza, terre brûlée, dévastée par la violence insensée de l’occupation israélienne. Pas insensée, non. Porteuse de trop de sens, plutôt, celui de la domination de la force brute sur l’humanité, celui du message du général Sharon, criminel de guerre devenu civil sur le tard, le sens de la continuation et de l’achèvement de l’appropriation totale de la terre de Palestine, en se débarrassant de ses habitants.
Gaza totalement coupée de la Palestine intérieure...
Cisjordanie, les crêtes des collines, les minarets et les oliviers, les ocres de la vallée du Jourdain, la magie des couleurs et de l’air quand le vent vient de la mer ou que le désert s’insinue sur les sommets, la chaleur de l’accueil du peuple de Palestine. Terre belle et riche, de sa nature et de son peuple.
Terre défigurée aussi, par les quelque 250 colonies juives de peuplement qui veulent du sommet des collines confisquées, dominer de derrière leurs barbelés et leur miradors, les paisibles villages ancestraux palestiniens qui s’étalent au flanc des collines. Ces colonies dont le maître américain vient de dire que les plus grandes d’entre elles « resteront territoire israélien » [1].
Terre volée, par la construction et l’extension des colonies, camps militaires israéliens et autres « implantations sauvages », mais aussi par l’expropriation de milliers d’hectares pour y construire les routes de contournement, ces routes d’apartheid interdites aux Palestiniens qui relient entre elles les implantations qui quadrillent la Palestine orientale, comme la Rome impériale de César occupait la Gaule.
Terre violée, assoiffée, dont les arbres sont arrachés par milliers par les bulldozers que Caterpillar prête de si bon gré au travail mortifère de l’occupation, dont les récoltes sont arasées ou abandonnées par force et les puits confisqués par dizaines. La mort rôde sur les terres agricoles de Palestine.
Terre éventrée, découpée par le mur de la honte et de l’apartheid que la communauté internationale unanime a jugé illégal et immoral mais qu’elle ne fait rien pour abattre, elle qui a su en abattre d’autres, au nom de la liberté et de la démocratie.
Pas eux seulement. Partout en Palestine, le peuple palestinien souffre de l’occupation : 4000 morts depuis le début de la répression israélienne du soulèvement que l’occupation a déclenché en septembre 2000, des dizaines de milliers de blessés, des handicapés, dont beaucoup très lourdement et à vie, par milliers, plus de 8000 prisonniers, des arrestations quotidiennes par dizaines, des milliers de maisons détruites, bombardées ou rasées, les familles à la rue, la misère, le chômage, le désespoir. Des vies invivables, des vies brisées.
Terre confisquée, interdite à des centaines de milliers des siens, exilés, ou réduits à des conditions de vie misérables dans les camps de réfugiés des pays arabes proches et qui ont gardé la clé de la maison dont l’occupant les a chassés. Réfugiés qui demandent la reconnaissance de la responsabilité israélienne dans leur expulsion de leur terre. Réfugiés qui demandent, comme les résolutions internationales, que soit reconnu leur droit au retour. Palestiniens d’Israël aussi qui se voient interdire d’entrer dans les Territoires Occupés alors que les colons juifs y circulent en maîtres ou encore Palestiniens croyants qui ne peuvent accéder à leurs lieux de cultes à Jérusalem.
Oui mais, tout ça c’est du passé, entend-t-on sur tous les tons. NON !! C’est maintenant.
Les engagements pris à Charm el Cheikh ont certes été tenus par les Palestiniens qui, résistance nationale et résistance islamique confondues, ont accepté, par une déclaration émise au Caire le 21 mars, de renoncer à l’action armée jusqu’à la fin de 2005 SI les exactions israéliennes cessent et SI les prisonniers sont libérés.
Côté israélien, après des tergiversations, 500 des 8OOO prisonniers politiques ont été libérés, un des check-points qui emprisonnaient Jéricho dans son oasis a été levé et l’entrée de Tulkarem a été autorisée à la police palestinienne qui s’y est déployée.
N’oublions pas que 7400 prisonniers sont toujours dans les geôles israéliennes, que les arrestations ont continué depuis, rappelons aussi que Jéricho n’était pas occupée, que Tulkarem, où les Israéliens ne se trouvaient pas de manière permanente, reste coupée des autres villes de Cisjordanie et qu’à l’issue de la rencontre de Charm el-cheik, les représentants israéliens ont refusé le retour des réugiés chez eux et que Jérusalem soit jamais la capitale de l’état de Palestine.
C’est aujourd’hui que la colonisation et l’occupation veulent dévorer ce qui reste de la Palestine.
Le week-end de Pâques, les policiers israéliens ont interdit l’entrée de la Vieille Ville de Jérusalem aux fidèles palestiniens.
Le 28 mars 2005 à Jénine 8 résistants ont été arrêtés.
Le 27 les Israéliens annoncent qu’ils ne se retireront pas tout de suite de Qalqilyia.
Le 26 les Etats-unis réitèrent leur appui à la colonisation, notamment aux 3500 logements qui vont s’ajouter à Maale Adumim, près de Jérusalem, et surtout à la route E1, réservée aux Israéliens, qui va relier Jérusalem à cette énorme colonie, coupant de facto la Cisjordanie en deux entités totalement séparées.
Le 26 près de Salfit 14 manifestants, Palestiniens, Israéliens contre l’occupation et Internationaux, sont blessés lors de la répression d’une manifestation contre le mur d’annexion.
Le 26, la Haute Cour israélienne a donné le feu vert à une nouvelle route de contournement qui relie deux colonies juives près d’Hébron, vole plus de terres encore et isole davantage Hébron, tandis qu’à Bethléem la route qui va isoler toute la communauté chrétienne locale et étrangère de la Tombe de Rachel, haut lieu religieux à l’entrée de la ville, vient d’être autorisée, ce qui implique de nouvelles annexions de terres.
La liste est longue et tout cela se passe aujourd’hui, sous nos yeux si l’on sait regarder et voir.
Certes, ce que l’occupation israélienne fait aujourd’hui à la Palestine et à son peuple est moins violemment visible que lors de cette autre journée de la Terre en 2002 quand Sharon lançait ses troupes sur la Cisjordanie où, Internationaux revendiquant pour les Palestiniens aussi les droits humains et politiques élémentaires, nous nous portions au devant des chars israéliens pour tenter d’empêcher leur attaque irrémédiable contre la Muqata’a, là où Yasser Arafat, président de la Palestine, était assiégé avec quelques centaines d’hommes, militaires et civils que nous avons pu rejoindre.

Tres belles photos de l'Algérie vue du ciel,
par YANN ARTHUS BERTRAND.
Des photos à voir et à revoir.
Ci- contre la place Port-Said à Alger.
http://www.yannarthusbertrand.com/yann2/affichage.php?reference=TVDC%2020_ALG&pais=Algerievueduciel
Jadis, à l'époque où la télévision n'existait pas encore, les Algéroises animaient leurs soirées en se réunissant autour d'une vieille dame qui leur contait des histoires de Djinn, de califes et de princesses. A la place de notre pop corn, les Algériennes d'autrefois disposaient une Skimpla garnie de thé et de différentes friandises : fruit secs et traditionnel Halawet el Tork.
Parfois, la veille du mercredi, du vendredi ou du dimanche, des jours traditionnellement dédiés aux fumigations, elles organisaient le mystérieux jeu de Bouqala. Une cérémonie secrète et ludique durant laquelle on pratiquait un rituel censé prédire l'avenir.

