De Ahmed Benyoucef, il ne reste aujourd’hui dans l’opinion publique que le souvenir d’une grande personnalité religieuse dont la dimension historique a été occultée en partie par la défaite de Aroudj, l’histoire coloniale et une insuffisante curiosité sur les hauts faits des hommes qui ont constitué le monde musulman durant les siècles.
Les oulémas de la dimension de cheikh Ahmed Benyoucef, «insurgés et fondateurs du Maghreb», organisés en écoles, familles ou assemblées populaires ont été perçus dans leur fonction d’éveilleurs de conscience et catalyseurs d’identité. De ce fait, ils représentaient pour les forces obscurantistes et étrangères, un danger. Il faut d’ailleurs noter que Ahmed Benyoucef au XVIe siècle et l’émir Abdelkader au XIXe siècle, ont défendu et promu une idée de la nation qui a peu à voir avec la théologie, même si ces deux personnalités font de la religion le principe de leur pensée et de leur action. L’Algérien Ahmed Benyoucef représente une catégorie de ces oulémas de l’Islam qui méritent l’attention et l’intérêt des historiens. Dès la fin du XVe siècle et au début du XVIe, il a assuré un rôle majeur au sein des masses, tant au titre de conseil spirituel que par son action de défense de la patrie, sous la forme classique du djihad, résistance sous toutes ses formes, en riposte aux menaces et agressions de l’époque, en l’occurrence celles des Espagnols du temps de Charles Quint. Quels sont donc les écrits qui nous renseignent sur le cheikh Ahmed Benyoucef ? Les archives documentaires qui concernent le personnage sont de différents ordres. Il existe d’abord, un manuscrit datant du Xe siècle, conservé à la bibliothèque nationale et écrit par Mohamed Sabaghi, disciple du maître. Cette œuvre hagiographique recèle des foules de données et des détails fort édifiants sur la personnalité du cheikh : elle porte le titre de Bustan Al-Azhar. Une première approche de ce texte a été réalisée par le professeur Jacques Berque dans un de ses cours au collège de France. D’un autre côté, nous avons les sources documentaires qui decrivent le cheikh Ahmed Benyoucef sous l’angle de l’éthnologie religieuse coloniale. On peut citer Dermenghem : La vie des Saints musulmans en Algérie ; Bodin, Notes et questions sur Sidi Ahmed Benyoucef ; Coppolani, Confréries musulmanes en Algérie ; Boisselard, Les Khouans. L’œuvre et l’action de Sidi Ahmed Benyoucef permettent d’entrevoir le choix de société caractéristique de cette époque charnière, où s’achève le XVe siècle et où débute le XVIe siècle.
Le cheikh Ahmed Benyoucef est enterré à Miliana, à la zaouia-mosquée qui porte son nom. Son tombeau est depuis lors une koubba, lieu où est fêté périodiquement son souvenir par les tribus de la région : les Béni-Farh, les Bani-Menaceur, les Bani-Ghomriane. Il est né à El Kalaâ de Béni Rached, bourgade située à 25 km de Mascara.
Il avait la réputation, avec Abou-Mediène de Tlemcen, d’être l’un des plus grands soufi algériens. Chez lui, la lutte de résistance nationale et la recherche des valeurs spirituelles vont de pair. C’est donc un homme du «djihad» au sens plein du terme. Il s’affirma particulièrement après son passage à Béjaïa où il reçut l’enseignement de Abou El Abbas Ahmed Ben Ahmed Ben Aïssa, connu sous le nom de Zerroug. Admis et consacré comme maître, il voyagea à travers le Maghreb, mettant sa vocation d’initiateur dans les voies spirituelles au service de plusieurs écoles. Et Bercque précise que «El Aouissi, une des plus grandes figures académiques du Maroc d’alors, l’appelait le cheikh des cheikh» Sidi Ahmed Benyoucef se permettait de correspondre avec le roi de Fès de l’époque et lui adressait des reproches à peine voilées et fort imagées, sur la conduite à tenir envers les pauvres : «Ô commandeur des croyants, n’opprime pas les fakirs au point qu’ils te tissent un burnous de neige à porter en pleine canicule !»
Savant et mystique, Ahmed Benyoucef de par les circonstances de l’époque va se révéler un homme d’action et un lutteur. C’est la seconde raison de sa mobilité. Il se déplacera à travers toute l’Algérie pour mobiliser les énergies du peuple contre l’envahisseur, conscient que l’action temporelle revêt une part importante dans le devoir de tout citoyen. Il fit une alliance exemplaire avec Abderrahmane Thaâlibi pour la défense de l’Algérie. Au nom des valeurs d’une civilisation et pour la défense des intérêts économique et politique du pays, Ahmed Benyoucef s’opposa aux Espagnols. Dans ce cadre, Aroudj reçut du cheikh l’investiture pour mener les combats autour d’Oran et de Béjaïa. Ces exemples nous montrent combien est confuse dans l’opinion publique la relation du temporel et du spirituel.
L’affaire des fameuses caricatures attentatoires à la personne, au rang et à l’oeuvre du Prophète Mohammad (PBSL), n’est pas la première attaque ciblant ce personnage hors pair, et ne sera sans doute pas la dernière.
Le sceau des prophètes en a connu pire durant sa vie comme après sa mort. Mais, tout au long de l’Histoire, rien n’a pu entamer son aura et encore moins stopper la propagation de son message. Ni même limiter dans le temps et l’espace l’expansion de la doctrine dont il a été le porteur et le promoteur.
Cette vérité étayée par les faits (têtus) de l’Histoire et vérifiée à travers les générations et les époques, réconforte certes ses fidèles, mais continue, hélas, d’être source d’hostilité grandissante chez ses détracteurs dont l’incohérence de l’analyse révèle la mauvaise foi.
Les faiblesses de musulmans, leurs manquements ou leurs dérives sont souvent pris pour base dans le jugement fait au Prophète et à sa religion. La logique, la raison, voudraient pourtant qu’on étudie d’abord l’homme et les préceptes qu’il a véhiculés, avant de tirer les conclusions. A-t-on jamais fustigé Jésus à cause du comportement de mauvais chrétiens, ou calomnié Moïse en raison des agissements de mauvais juifs ? L’Histoire ne nous apprend rien de tel.
Pourtant, les différentes époques sont parsemées de faits et d’actes contraires aux valeurs humaines perpétrés, explicitement ou implicitement, au nom du christianisme ou du judaïsme. Que d’intrigues, d’assassinats et d’actes de génocides ont été commis depuis que Moïse a disparu, et que de barbaries l’ont été depuis que Jésus a été rappelé par son créateur à ses côtés sans que ces deux Messagers de Dieu ne soient la cible des critiques et des calomnies. Ni par les adeptes de ces deux religions et encore moins par les musulmans qui, faut-il le rappeler, vénèrent tout aussi Jésus, Moïse et les autres prophètes de Dieu.
Faire valoir la logique et la raison
L’hostilité à l’égard de Mohammad a été, de tout temps, motivée par le déni systématique de son titre de Prophète de Dieu et de dernier Messager envoyé pour l’humanité tout entière. Ce jugement, largement popularisé, porte le fardeau des diffamations multiples dont il est l’objet. Loin d’être fondé sur des vérités étayées et argumentées - les écrits divins antérieurs avaient bien annoncé l’avènement de Mohammad-, il se justifie uniquement par esprit possessif et de primatie religieuse.
Par refus de reconnaître la dénaturation faite, par les hommes, des écrits des précédentes religions monothéistes. Pourtant, à l’instar de Jésus (« Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi des prophètes, mais l’accomplir - Matthieu » V:17), Mohammad ne prétendait pas avoir pour mission d’instaurer une nouvelle religion ou d’abolir les révélations antérieures, mais confirmer, assainir, corriger et compléter LA RELIGION après les manipulations maladives qu’elle avait subie au fil des ères.
Il n’est pas question ici d’aborder le sujet sur la base du Coran et de la Sunna qui constituent pourtant la meilleure des armes. Ça sera peine perdue dès lors que les détracteurs de Mohammad rejettent, à la base, et le Coran et la Sunna. Il serait plus indiqué d’essayer de convaincre sur la base d’une approche « terre-à-terre » prenant pour appui les vérités d’ici-bas, assimilables par les hommes, à la seule condition d’accepter de faire valoir la logique et la raison. Les préjugés sont donc à mettre de côté pour chercher sereinement, objectivement et en toute fiabilité, le vrai Mohammad, cet homme extrêmement simple, doublé d’un illettré, qui, du fin fond du désert, allait changer la face du monde.
Les faits marquants de sa vie sont à même de contribuer à cette recherche d’objectivité et d’impartialité, concernant sa qualité de Messager de Dieu. Si avec l’avènement de l’âge moderne, marqué par la tolérance religieuse et la liberté de pensée, on a pu assister à un certain changement dans l’approche des auteurs occidentaux, dans leur façon de décrire la vie et le caractère de Mohammad, il n’en demeure pas moins que, malgré cette petite avancée - entrecoupée par des sorties réactionnaires - l’Occident devrait fournir l’effort nécessaire pour faire connaissance avec cet homme remarquable, découvrir sa grandeur et vérifier l’authenticité de son titre.
Jusqu’à l’âge de quarante ans, Mohammad ne fut pas connu comme homme d’Etat, ni comme prédicateur ou orateur. Jamais on ne l’avait entendu parler de principes métaphysiques, d’éthiques, de loi, de politique, d’économie ou de sociologie. On lui connaissait bien un excellent caractère, une grande intégrité et de bonnes manières. Mais, il n’y avait en lui aucun trait particulièrement frappant ni réellement extraordinaire, qui puisse inciter les hommes à s’attendre à quelque chose de grandiose ou de révolutionnaire de sa part.
Lorsque, à 40 ans, il sortit avec le nouveau message, de la grotte « Hira » où il se retranchait pour méditer, il était entièrement transformé. Est-il possible qu’un être doté des qualités qu’on lui connaissait, devienne soudainement « un imposteur » et qu’il prétende être l’Envoyé de Dieu, s’attirant ainsi la colère et les coups de son peuple ? Pour quelle raison a-t-il choisi de supporter toutes ces épreuves ? Son peuple lui proposa même de le nommer Roi et de déposer à ses pieds toutes les richesses du pays, à la seule condition qu’il abandonne son oeuvre. Il décida de rejeter toutes ces propositions alléchantes, et continua à prêcher sa religion, tout seul, malgré toutes sortes d’insultes, un blocage social et, même, des attaques physiques que lui infligea son peuple. C’est donc indéniablement grâce à sa profonde foi en le message, ainsi qu’à sa ferme volonté de le diffuser comme cela lui fut ordonné, qu’il put ainsi résister à toutes les agressions et à toutes les conspirations visant à l’éliminer.
Avons-nous une preuve incontestable de sa qualité de prophète dans la façon dont cet homme, ne sachant ni lire ni écrire, réussit, dès qu’il commença à prêcher son message, à impressionner le monde de l’époque, émerveillé et fasciné par sa magnifique éloquence ? Certes, non. L’éloquence seule ne saurait prouver une inspiration divine. Mais lorsque le message remue royaumes et empires, par la seule parole, alors il y a tout un faisceau d’évidences qui s’impose.
Mohammad ne pouvait être qu’un Messager de Dieu
Cet illettré qui ignorait tout de la philosophie, des sciences sociales, des sciences humaines et des stratégies politiques est parvenu, malgré la résistance farouche des débuts, à prêcher sa religion, à fonder un Etat, à bâtir une Nation, à établir un code moral, à initier de nombreuses réformes sociales et politiques. Il fit naître une société solide et dynamique qui personnifia ses enseignements en les mettant tous en pratique, et qui révolutionna tous les domaines de la pensée et de l’action humaines du moment, de jadis, et des temps à venir. Quel autre homme sur terre en aurait-il été capable s’appuyant sur ses propres moyens et sur ses propres forces ?
Malgré une rivalité avec les chrétiens et les juifs, qui se moquaient de lui, il fît de la croyance en Jésus et en Moïse, ainsi qu’en les autres prophètes de Dieu, une condition essentielle sans laquelle il n’est guère possible d’être musulman. Voilà qui défie tout simplement la raison.
Dans la même foulée, comment pouvait-on être capable d’énoncer des vérités de nature scientifique, contenues dans le Coran, que nul n’était censé avoir découvert à l’époque ? Et pourquoi Mohammad a-t-il choisi une vie austère, même après qu’il eut acquis pouvoir et autorité, annonçant avec modestie et humilité : « Nous, qui formons la communauté des prophètes, n’avons pas d’héritiers. Ce que nous laissons, c’est pour la charité ».
Le récit des changements opérés par Mohammad en un laps de temps au regard du résultat colossal obtenu, ressemblerait à un conte de Milles et Une Nuits. Il a l’aspect de l’apologie du disciple face à son maître. Mais l’aspect seulement, car ici, il s’agit d’Histoire, documentée et vérifiable. Quant au Maître, il ne peut y en avoir qu’un : Dieu, et Mohammad ne pouvait être qu’un messager... de ce même Dieu. Quand le Prophète mourut à l’âge de 63 ans, - il a accompli en seulement 23 ans ce qu’aucun autre homme ne peut accomplir en des siècles ! - toute la Péninsule Arabe avait abandonné le polythéisme et l’idolâtrie pour l’adoration d’un Dieu unique. Les querelles et les guerres tribales cédèrent la place à la solidarité et à l’unité nationales. L’énivrement et la débauche devinrent sobriété et piété. L’iniquité et l’anarchie se transformèrent en vie disciplinée qui, de la décadence morale, atteignit le plus haut niveau de la moralité. L’histoire de l’humanité n’aura jamais été témoin d’une transformation si radicale et si rapide d’un peuple ou d’un pays !
L’Encylopédia Britannica le proclame : « l’homme de religion qui a connu le plus de succès sur cette terre ». Georges Bernard Shaw a déclaré que si Mohammad vivait encore, il réussirait à résoudre tous les problèmes qui menacent aujourd’hui notre civilisation. Thomas Carlyle fut tout étonné qu’un seul homme, d’un seul tour de main, pût souder des tribus ennemies et des Bédouins nomades en une nation, la plus puissante et la plus civilisée qui soit, et ce, en moins de 20 ans. Napoléon et Gandhi rêvaient inlassablement d’une société de la même trempe que celle forgée par cet homme en Arabie il y a 14 siècles.
Nul autre humain n’a pu en effet accomplir autant dans des domaines aussi variés de la pensée et du comportement humains, et en un temps aussi limité.
Illettré, il était cependant un enseignant des nations, un réformateur social, un guide moral, un penseur politique, un génie militaire, un colosse de l’administration, un ami sincère, un compagnon merveilleux, un époux dévoué, un père affectueux. Tout cela en un seul homme. Aucune personnalité de l’Histoire ne pût le surpasser ou même l’égaler, dans n’importe quel domaine de la vie.
Notre monde a eu son lot de grandes personnalités. Mais elles ne furent illustres que dans un ou deux domaines, comme la pensée religieuse ou la direction des affaires militaires.
De tous les autres dirigeants de ce monde, aucun ne pût combiner autant de qualités diverses et à un degré de perfection aussi impressionnant que Mohammad.
La vie et les enseignements des autres grandes personnalités se sont enfouis dans les replis poussiéreux de l’Histoire. L’époque et le lieu de leur naissance, leur mode de vie, la nature et les détails de leurs enseignements, le degré de leur réussite ou de leur échec sont tellement sujet à des conjectures qu’il est impossible à l’humanité, aujourd’hui, de reconstituer avec précision la vie et les enseignements de ces hommes.
Dans le cas du Prophète, eu égard à sa grandeur et à sa valeur, tous les détails de sa vie privée et publique, de ses actes et de ses paroles ont été enregistrés et fidèlement conservés jusqu’à nos jours. L’authenticité de ces informations ainsi préservées est attestée non seulement par les croyants inconditionnels, mais aussi par les critiques et les érudits les plus éminents.
Seul l’Islam a préservé sa forme originale
Sur le plan des idées, il n’existe aucun système de pensée ou de croyance - séculaire ou religieuse, sociale ou politique - qui puisse surpasser ou égaler l’Islam, le système que préconisa Mohammad. Dans un monde en constante transformation, alors que d’autres systèmes ont connu des modifications profondes, seul l’Islam est resté intact, libre de toute mutation ou de tout changement, ayant préservé sa forme originelle, vieille de quatorze siècles. Les changements positifs qui s’opèrent dans le monde de la pensée et du comportement humain font d’ailleurs logiquement honneur à la saine influence de l’Islam dans ces domaines.
Du reste, il n’a pas été possible aux plus grands penseurs, au cours de leur vie, de mettre en pratique toutes leurs idées, ni de voir germer les graines de leur labeur que ce dernier aurait porté. Excepté Mohammad qui prêcha non seulement les idées les plus merveilleuses, mais réussit à mettre en pratique chacune d’elles, de son vivant.
Au moment de sa mort, ses enseignements n’étaient pas que de simples préceptes ou de simples idées, attendant l’heure de leurs concrétisations. Au contraire, ils avaient déjà pris place dans le cœur et dans la vie de dizaines de milliers d’individus parfaitement formés, et chacun d’entre eux personnifiant chaque élément que Mohammad incarnait et enseignait.
A quel autre moment ou lieu, et par rapport à quel autre système politique, social ou religieux, et par quelle autre philosophie ou idéologie, le monde a-t-il été témoin d’un phénomène aussi stupéfiant ?
Aucun autre système et aucune autre idéologie séculaire ou religieuse, sociale ou politique, ancienne ou moderne ne pourrait prétendre à l’honneur d’avoir été mis en pratique dans son intégralité et dans son intégrité, avant ou après la mort de celui qui l’aurait proposé. Mais l’Islam, cette idéologie prêchée par Mohammad, qui fut établie comme un mode de vie complet et adopté par l’enseignant lui-même, avant qu’il ne quittât ce monde, peut avoir cette prétention, à juste titre. L’Histoire témoigne de ce fait, et les plus sceptiques n’y trouveront rien à redire.
Destiné à être un exemple pour l’humanité
En dépit de ces étonnantes réalisations, et malgré les innombrables miracles convaincants et authentiques dont il a été l’auteur, ajoutés au succès colossal dont ses efforts furent couronnés, Mohammad ne s’est jamais proclamé Dieu, ou l’incarnation de Dieu, ou le Fils de Dieu, mais plutôt être humain, choisi et destiné par Dieu, à enseigner la vérité, et à être un modèle et un exemple pour l’humanité.
Mohammad reçoit certes de la part des musulmans une certaine dévotion qu’il serait cependant incorrect de mal interpréter : il n’est en effet, qu’un Messager de Dieu, humain parmi les humains, comme tous les prophètes de Dieu. Le Coran, compilation des révélations divines, le désigne cependant comme un « excellent modèle » pour l’édification des croyants.
Il était chargé de purifier les enseignements des prophètes antérieurs des transgressions, omissions et additions des hommes au cours des âges. Sa seule mission fut celle de restaurer l’union des hommes dans l’adoration d’un Dieu Unique, et de leur montrer la voie pour une vie honnête et intègre selon les lois et les commandements de Dieu Seul. Il se disait toujours Messager et serviteur de Dieu, et ses moindres gestes en témoignaient amplement.
Annoncer au monde que la soumission à Dieu seul est l’action de sauvetage d’un péril certain, telle fut sa mission. Un monde qui n’a malheureusement pas hésité à déifier des individus dont la vie et la mission se sont égarées dans le mythe.
Aujourd’hui, après quatorze siècles, l’exemple et les enseignements du Prophète Mohammad ont survécu sans la moindre modification et interpolation. Aujourd’hui encore, ses enseignements représentent l’éternel espoir de guérison pour les nombreuses maladies qui rongent l’humanité, tout comme ils l’ont été durant sa vie. Et ce ne sont pas des vues béates ou apologétiques de musulmans, dictées par un dogmatisme désuet. Ceci est une honnête revendication, et c’est la conclusion objective et inévitable à laquelle mène toute étude impartiale et critique de l’Histoire des religions. Comme en atteste bien de spécialistes non-musulmans.
Par Jamal HAJJAM (Avec Islam-Guide)
Le 12 avril 1926, la première représentation de "Djeha", du metteur en scène Ali Sellali, connu sous le nom de Allalou, avait donné le jour au théâtre algérien. Cette pièce avait été jouée en arabe dialectal et reprenait des contes du Maghreb. Avant cela, les représentations n'étaient assurées que par des troupes égyptiennes. Abdelkader Djeghloul souligne dans son livre "Printemps du théâtre algérien", publié en 1982, que Allalou est considéré comme "le père fondateur" du théâtre algérien.Même si elle a des inconvénients, la transcription s’impose aussi bien pour son enseignement à l’école que pour son inscription au patrimoine culturel mondial.
Dans le cadre des journées d’études sur la musique classique algérienne qui se sont déroulées à Tipasa le 5 et le 6 avril derniers, Hichem Zoheir Achi, chercheur en musicologie, a soulevé lors de son intervention la problématique de la transcription non limitative de cette musique dans la perspective de sa préservation et de sa transmission.
Hichem Zoheir Achi a entamé son intervention par un état des lieux qu’il a intitulé «la déperdition qualitative de la musique classique algérienne», mettant en exergue quatre aspects majeurs.
Tout d’abord, la raréfaction des maîtres qui «se distinguent des maalim par le fait qu’ils ont été autorisés à pratiquer et à enseigner la musique».
Deuxièmement, le délaissement, «subi mais conscient par les confréries religieuses de leur rôle de gardien du patrimoine et également celui des référents quant à la fidélité aux mélodies originelles, avec toute la relativité que puisse assurer la seule mémoire humaine». Troisièmement, la rupture entre les jeunes musiciens et chanteurs et les maîtres, que le musicologue explique par la démocratisation des moyens audiovisuels qui ont fait croire, à tort, aux jeunes que les enregistrements sonores les dispensaient de l’enseignement auprès des maîtres. D’autre part, «la modification profonde et trop rapide de la composante humaine des grandes villes, notamment durant la décennie noire», a eu pour conséquence, entres autres, «le travestissement» du répertoire des orchestres des fêtes, en réponse «au principe purement mercantiliste, de l’offre et de la demande». L’apparition puis le déferlement de formes musicales concurrentes sont, selon M. Achi, une autre raison de cette déperdition et de l’éloignement des jeunes musiciens des mélodies originelles. Abordant la question de la transcription et, plus précisément, ses bienfaits ou méfaits pour le devenir du patrimoine musical classique algérien, le musicologue dira que c’est en fait les deux faces d’une même médaille. La transcription «est un mal à partir du moment où elle fige notre musique et la dénude des éléments qui lui confèrent sa beauté, son imprévisibilité et sa capacité à revêtir à chaque exécution un cachet différent dépendant de plusieurs critères dont il faut souligner un en particulier : l’humeur. Cette humeur qui est l’essence même de la musique classique algérienne». Et c’est cette humeur qui est la plus difficile à transcrire, explique le conférencier.
D’un autre côté, la transcription, selon le chercheur, s’impose comme une nécessité pour cinq raisons principales. Premièrement, l’accélération de la déperdition quantitative et qualitative du répertoire musical classique algérien. Deuxièmement, la relative modestie de la partie du répertoire classique qui a jusqu’à aujourd’hui été enregistrée. Troisièmement, la nécessité d’introduire l’enseignement de notre musique dans les établissements scolaires et parascolaires. Quatrièmement, l’élargissement de la recherche en rendant attrayante notre musique comme objet d’étude, d’où sa transformation en pôle d’attraction pour les institutions et les chercheurs étrangers, l’impact étant non seulement culturel, mais également économique et stratégique.
Et pour finir, la participation à l’affirmation identitaire, à travers le solfège, un langage compréhensible, apte à faire connaître la musique classique algérienne comme une musique savante et qui permet de l’inscrire au patrimoine culturel mondial. Dès lors, en l’absence d’un système de notation proprement adapté à la musique classique algérienne, «il est préalablement requis à toute action d’enseignement de notre musique de mettre en place un système permettant de la sauvegarder.
Ce système devrait en faciliter l’écriture et la lecture tout en laissant la place aux spécificités de la musique classique algérienne, voire les spécificités de chaque école». De ce fait, pour l’identification et la fixation de l’échelle musicale, des modes et des rythmes, le musicologue préconise une démarche sur plusieurs étapes, dont les phases principales seront l’organisation de colloques qui serviront à préparer le terrain pour un symposium qui se tiendra après façonnement de l’ossature des modes et des rythmes classiques algériens dont l’objectif sera la finalisation du consensus.
Le symposium sera suivi de l’organisation de séminaires au profit des enseignants et des formateurs ainsi que l’édition de manuels didactiques et de vulgarisation.
Pour conclure, Hichem Zoheir Achi dira : «En clair, l’enjeu conjoncturel, et peut être permanent, qui nous interpelle est tout simplement civilisationnel. Les moyens et les outils pour réussir sont à notre portée. Trois maîtres-mots doivent cependant caractériser nos actions : volonté, spécialisation [l’homme qu’il faut à la place qu’il faut] et moyens [on ne fait d’omelette sans casser d’œufs, en l’occurrence, les seuls œufs à casser auront certainement la forme de tirelire].»
In La Tribune .
17 millions d’africains, soit 2% de sa population totale sont des migrants, selon les chiffres communiqués par des experts lors d’une rencontre de trois jours à Alger sur la migration et le développement, rapporte la presse nationale. ‘’Si la tendance actuelle se maintiendrait, un Africain sur dix sera un migrant en 2025, révèlent ces experts et responsables politiques dont le ministre des affaires étrangères, M. Mohammed Bedjaoui et le président de la Commission de l’Union africaine (UA), M. Alpha Oumar Konaré. ‘’La population africaine est la plus mobile au monde. Elle abrite près de 9% de la population de la planète. Les migrants africains représentaient, en 2002, près de 5% des populations étrangères vivant dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Ils sont près de 4 millions de diplômés universitaires à s’installer en Europe et presque autant dans le reste du monde, selon M. Bedjaoui. 23.000 diplômés universitaires qui sont encouragés par ‘’des politiques sélectives d’admission des migrants couvertes parfois par les vocables de migration choisie par un nombre croissant de pays développés’’, a-t-il ajouté. La recherche de solution doit nécessairement passer par un traitement global dans le cadre du développement étant admis que les causes de la migration «sont de nature essentiellement structurelle, a estimé le ministre des AE. dans ce sens, le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, M. Abdelkader Messahel a indiqué que l’Afrique ambitionne de se doter d’une ‘’stratégie commune’’pour une prise en charge dans l’intérêt des migrants d’abord, des pays concernés ensuite et de la communauté internationale, en général’’ Notre pays est également concerné par les différentes dimensions de la migration, dans la mesure où l’Algérie est devenue pays d’origine, de transit et de destination et, donc, confrontée aux multiples problèmes humains, socio-économiques et sécuritaires générés par cette situation». De son coté, M. Alpha Oumar Konaré évoqué la ‘’traite des cerveaux’’ qui pénalise les efforts de développement des pays africains. ’’Chaque année, plus de 25.000 diplômés, dans tous les domaines, partent de l’Afrique’’ a constaté M. Konaré Le président de la Commission de l’UA a rendu hommage à l’Algérie pour sa grande disponibilité lorsqu’il s’agit des questions de solidarité inter-africaine. ‘’La réunion des experts africains à Alger, dont le but est de parvenir à une position commune, doit ‘’nous aider à bien préparer ‘’ la réunion ministérielle Afrique-Europe sur la migration, prévue à Tripoli avant la fin de l’année, a-t-il relevé.

